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2012-01-03

Prendre la tangente à 45°

J'aime quand tous les éléments, visibles et invisibles, convergent vers un instant géométrique, quadrature temporaire.

Les capturer dans mon filet, en maniaque épingleuse de papillons, par le juste milieu du corps, ailes déployées sur une toile de soie rouge, pour leur funèbre honneur. C'est leur faute : gourmands de lumière jusqu'au suicide, ils sont bien trop naïfs, comme s'ils allaient en réchapper. Ils donnent trop, ils donnent tout, d'un seul coup. Je les gobe, en crapaud huileux.
On se venge comme on peut d'être soi-même le hochet des libertés alentours. Il faut bien tenir sa place dans la chaîne alimentaire du culot.

Ou, dans une bouffée de sagesse généreuse et tout gonflé du bonheur lourd que seul provoque un don mêlé de condescendante indulgence, on les laisse s'enfuir. Let them go away with it.
D'un regard, on a déjà éparpillé leur âme, charcuté leur sincérité, alors on peut bien leur faire l'aumône d'une vie sauve.

Shajan by Trio Joubran on Grooveshark

2011-03-19

Perron cochon

Ah, ces Allemands...
Doit-on y voir l'oeuvre chérie de tante Claudia (prononcer [Claoudia]), reléguée près du paillasson pour protéger schlaps* blanches et pépin, en attendant que quelqu'un se décide à l'emporter au grenier ou à la déchetterie - mais personne n'ose s'exposer aux foudres de tante Claudia -"Warum hat doch meine Peggy verschwunden ? Mais où est donc passée ma Peggy jolie ?"

Ou bien peut-être a-t-elle une utilité qui justifierait cette grotesque difformité ? Je ne sais pas, moi, faire déguerpir les taupes et les ragondins sans qu'ils demandent leur reste (de rôti dominical) ?

Ahhhh, mais méfions-nous : peut-être est-ce Pig Brother, oreille dressée, caméra high-tech planquée dans le groin, détecteur de patte blanche, à l'affût du voyageur audacieux.
Ou un martien déluré et un peu biglouche, à l'éducation cartoonesque, qui comptait bien, lui, à petits pas feutrés, entrer boulotter incognito sa part de rôti et de patates à l'ail.

Ou simple mauvais goût... il arrive d'avoir la main un peu lourde sur l'ail...

*En lorrain dans le texte.
Schlaps : N. Fém. Pl. - Chaussures non fermées à l'arrière, qui ont donc la caractéristique fabuleuse de se rabattre frénétiquement sur le talon à chaque pas -"schlap, schlap, schlap" etc. - et/ou d'obliger qui les porte à sereinement traîner des pieds.

2010-09-13

Si géante géode !

Il est où, le mec qui souffle la bulle ?

2010-06-07

Dune et de deux

Comme dit Jean Giono, "ce qui importe c'est d'être un joyeux pessimiste."

2010-06-03

"Atmosphère atmosphère"

Un peu de couleur. Un tantinet lugubre certes, mais stimulante pour la cornée.
Une bonne tête d'atmosphère (c'est un de mes mots préférés, avec "ectoplasme").

2010-05-10

Routines

Lombric rugissant, lézard anthropophage, convoi de fortune(s), express d'intrigues désarticulées, corps intermédiaires, cortèges d'infectes mains rampantes, empoignades et bouche-trous, brèches ouvertes vers des trônes de carton, assiégés, encerclés, entourés, enveloppés, magma d'odeurs, armée de raisonnements, d'anxiétés, somnolences réveillées, désarrois, bouches maquillées à l'envers, idées fixes, sonates, jazz et rap, café tabac tartines grillées.
Gazette marée noire, quinte de toux.
Volcan voisin, soliloques.
Signal d'alarme, la lumière grésille puis fuit.
Pingouins sur la banquise.

2010-03-29

Instants tannés

Près de Beaubourg.
Bon l'œuvre n'est pas de moi, certes... D'où, question ontologique :
Le (ou la, pas de sexisme hein) photographe est-il vraiment protagoniste puisqu'il (ou elle) emprunte seulement un morceau au réel, le copie même sans vergogne, aouh l'esbrouffe ! Oui, mais bon, me direz-vous, l'instant n'existant pas "pour de vrai", finalement, la photo témoigne d'une réalité pas vraiment palpable, même plutôt (af)fabuleuse. Ouf, une petite place pour le baladin.
Bon, bref, tout ça pour dire que moi, ce que j'aimais bien, c'était le petit "mimi cracra" du recoin à droite, qui poétise avec "poubelle anti-terroriste" et minaude incognito avec "ruisseau d'urine". Niek.


Sinon, FONCEZ à la MEP pour les derniers jours (c'est fini le 4 avril !) d'Elliott Erwitt, Personal Best. Luc Choquer et Philippe Bordas sont terribles aussi.

2009-11-29

Love Locks

Ça a l'air d'être une coutume qui se répand... A Paris, il y en aurait déjà quelques-uns au dessus des péniches sur la passerelle Sedar Senghor. Des amoureux cadenassent leurs noms à la grille d'un pont et jettent la clé dans l'eau ("plouf... - j'ai glissé, chef..."). Pour ma part, mais c'est certainement très personnel, j'ai un peu de mal avec la symbolique... c'est métallique et froid, ça m'évoque la prison, en plus ça peut rouiller, bref, c'est moyen romantique. Je n'ose lancer le mot "grotesque" de peur de passer du côté de la vieille pie acrimonieuse.
Mais bon, soit... pour le "pattern" esthétique, pour Castorama et les quincaillers du coin.
Il serait intéressant de savoir d'où vient l'idée.

Ici, sur le pont Hohenzollern à Cologne, où j'ai passé le week-end dernier. Très chouette ville, par ailleurs ! A l'occase, faites un tour au musée d'art moderne...

2009-10-11

Va ptetre voir "Chez Gégène" ?

Un clip, donc, une fois n'est pas coutume, de Philippe Découflé, sur une chanson de Bourvil. Amoureux d'Ophélie Winter, barrez-vous vite.


Merci Marion pour cette petite merveille.

2009-07-08

Réflection

Platon, La République, Livre VII. Pourquoi pas de l'eau, plutôt qu'une caverne ? Soyons sérieux, évoluons, les troglodytes ont disparu.

2009-07-05

Carnaval Tropical, foules de couleurs

Je n'aurais pour rien au monde zappé ce festival de couleurs dansantes.

La foule qui se presse et sautille d'impatience en attendant le cortège qu'on entend déjà au loin, l'enfant dont les larmes, pour un ballon Dora, ont zébré la poussière des joues, l'extravagant qui en profite - c'est son jour ! - pour venir te chanter une chanson, abrité sous un parapluie multicolore, les sifflets de flics et d'excités, en rythme, toujours.
Et puis le déploiement bariolé des identités, en fanfare et en farandoles, la clameur des foules qui escortent et se mêlent à la procession. Chaque couleur éclipse la précédente.
Et enfin, les restes, confettis répandus, masse disloquée, désorientée, happée par les bouches de métro, camion vert, diagonales plus trop d'aplomb et protestations éthyliques.
Back home.

2009-06-15

Vie de grenier

Sombres héros
Pêche aux moules
Femme-objets
Comme Barracuda
Mère-fille


Ah, les vide-greniers, j'adore... cet amoncellement hétéroclite de couleurs et de souvenirs.

2009-06-01

Rousseau, je te vois !

Un petit rat abandonné près de l'opéra Garnier, qui m'a rappelé les compositions de Niki de Saint Phalle (vues au MAMAC de Nice), avec toutes ces petites poupées incrustées. Celle-là, c'est "coeur de vieille bigote", et la composition est pour le moins imagée : un caniche, des racines, un service à thé, un buste d'homme d'Eglise... et une de ces fameuses petites poupées, en bas, si, si, regardez bien.

Qui veut l'exposer dans son salon ?

2009-04-29

... ou c'est mon imagination ?


Vous n'y voyez pas un oiseau (une mouette par exemple) ? en posture humaine à faire les cent pas, bossu, le front protubérant et l'oeil contrarié ou simplement gourd de fatigue? Non, vous n'y êtes pas ? Bon, j'aurai essayé...